Annonce Connivences
ConnivencesJ'ai pensé (parfois je pense) qu'on pourrait aussi écrire anonymement: un faux pseudo; une adresse mail que personne ne connaît ;)
"D'abord commencer par le plus
urgent:
Connivences
J’ai vu un terre-de-sienne; un visage tout ridé de plaisir; deux yeux pour dire et rire.
Il avait des nœuds rugueux sur peau tannée; des ongles grignotés,
qui ont suivi le chemin de ma main.
J’ai rencontré un bleu marin du travail; et une combinaison noir-passion pour plonger.
J’ai entendu la radio du boulot; et j’ai regardé la flèche du harpon à chasser l'eau.
J’ai écouté ses mots se poser sur les objets, caresser le métier; et puis plonger la mer;
Et puis murmurer.
Des mots qu’accompagnaient les mains; que filaient la fente des yeux.
J’ai vu un homme accoucher d’un baiser.
Ut le 21/09/2009
Ut, c’est-à-dire aussi celle-là, http://lanonyme.over-blog.net/
avons viré une anonyme: l’anonyme signature d’un com’ reçu il y a quelques jours sous l’article «Coup de poing de nuit».
J'ai baisé les lèvres empoisonnées de mutisme de mon amourSauf que là je n’avais rien à respirer, que l’anonyme ne disait rien que du silence: poison; mutisme - clair et silence.
Ecrit, non: je n'ai rien vu d'écrit. Justement!
J'aurais aimé avoir la place de lire, de voir, de respirer, de dire, même.
L'anonymat a étouffé ce qu'il disait quand même.
J’ai viré le com’ à la poubelle; sans rien répondre.
Tout ça parce que les blogs ne vivent pas comme dans la vie; qu’ils sont une inexistence, l’envers, même; et qu’ils en profitent, comme un fil d’air à se dissoudre à l’instant de la naissance; ou
comme un buzz; ou tout simplement comme un chant, un truc qu’on dit pour écrire et partager, avec des ceux qu’on ne connaît qu’à travers l’encre et quelques images.
Les paroles d’OB sont anonymes; c’est pas besoin de le dire, de s’appeler de son nom, et de laisser de l’encre qui ne veut rien dire; orpheline; sans passé ni présent.
Et puis le partage se fait sur OB, pas sur une adresse mail; sauf affaire privée ou urgente. Un com' c’est un partage à partager; c’est comme ça qu’on tricote la toile... et moi j’aime beaucoup tricoter. Ut aussi d’ailleurs. pour l'Anonyme, je sais pas.
Ce que ne semble pas savoir ce com' anonyme là, c’est qu’OB est un village tissé; et qu’à suivre le fil, on y retrouve
vite qui est qui: j’ai retrouvé l‘anonyme; un peu partout. Quelques fois aussi avec des prénoms; mais toujours pas d’encre à dire pourquoi elle vient, si ça lui plaît ou pas ce qu’elle lit;
si même elle lit. Si même elle a une encre quelque part.
Rien.
Anonyme.
Je l’ai reconnue à son style, sans bonjour ni au revoir; un style biblique; net; supplicié. Presque un ordre, mais sans
la ponctuation qui va avec. Un style en forme de gifle; de pensée unique.
Alors j’ai même pas questionné Ut; encore moins L‘anonyme qui est restée dans le gris-noir de la pluie d‘hier: j’ai
viré l’anonyme à la poubelle.
Et maintenant je te raconte… parce que ce qui a été public est à moi comme à toi; parce que je me sens un peu
fautive, là. Alors je t’ouvre ma poubelle… et la pauvre petite solitude qui s’y trouve:
"J'ai baisé les lèvres empoisonnées de mutisme de mon amour
J'ai écrit
Jusqu'à ce que s'écoule
Son clair silence."
Ut le 20/09/2009
Pour Kalei et la classe de Mam’Zic link
Photo Eco-sapiens
Le Tourne Lune est une girouette de transparences masculines, situé entre le ciel et la mer.
Rares sont ceux qui l’ont vu, parce qu’il faut se trouver au fin fond de l’horizon, et respirer par l’âme.
Déjà, faut trouver l’âme….
Tourne Lune est pourtant là, par tous les temps de l’humanité.
Un soir à bleu d‘âme, justement, j’ai nagé jusqu'au bout de l’eau…
Et
D’abord ça fait comme un soupir de brume; comme si l’eau aspirait l’air.
Mais au début on ne voit rien.
C’est quand l’eau se met à avaler le ciel de plus en plus vite, que l’or du soleil coule dans son ventre; qu’elle en saigne de ses gencives d’écumes, qu’on sait que quelque chose ne va pas.
Qu’il faut arrêter cette hémorragie, cette vampirisation du monde.
C’est le rôle de Tourne lune.
Il est né comme ça, des souffrances, des peurs et des peines; des pleurs.
Il est né pour calmer la mer, cet appétit vorace qui lui ferait avaler l’univers au bout de chaque jour.
Parce que Tourne Lune sait bien que l’humanité à besoin du ciel.
La mort le lui a raconté.
Alors, invisible, souffle d’entre toutes les douleurs, il prend de sa soie intime ce qui reste de lumière au soleil, la tourne dans l’air, la virevolte, l’emballe dans l'immense papier
d’argent des larmes d‘âmes.
Et tout à coup la lune est là, accrochée au milieu du noir, de ce qui reste d’enveloppe au ciel.
Et c’est la lune qui porte le ciel, pour qu’il existe même sans soleil.
Ut le 19/09/2009
Oeuvre de Yves de MacrocosmicJe revenais d’une course solitaire aux côtés de mon torrent d’enfance; une «bavante» comme on dit chez nous, quand on marche raide et long sous le soleil.
En haute Savoie ça se passe comme ça:
Tout en haut il y a le ciel, avec assez de bleu en été pour faire une culotte de gendarme.
Autour du ciel il y a la neige, lames blanches de soleil à crever les yeux, qu‘il fasse beau, ou brouillard, ou neige.
Sous la neige il y a les ardoises marines, verticales, nettes, tranchantes; dont on voit toutes les failles par trop grand beau temps.
Sous les ardoises il y a la forêt de sapins vert foncé, tous collants de sève odorante; et les mélèzes bleus immenses, larges et majestueux; et les racines et les cailloux par terre, recouverts d‘aiguilles sèches, brunes. Et le silence; sauf les godasses qui dérapent et se freinent.
En travers de la forêt il y a les clairières à champignons, à myrtilles, framboises, fraises, groseilles….
Sous la forêt il y a les prés.
Je courais-glissais dans le pré, au milieu des herbes trop hautes et quelques fois craquantes
déjà.
Je suais. Mes genoux brûlaient la descente trop raide…
Je n’ai pas rattrapé la godasse…
Je dérape, glisse… Je suis allongée face au ciel, la tête dans l’oreiller râpeux des herbes.
Et c’est un pré bruissant de vent léger, alourdi de soleil, qui sièste douze heures.
Et c’est silence.
Il n’y a plus d’autre mouvement que les bruits sus depuis la nuit des ans.
Alors..
Naît un fil de soie translucide; puis un autre.
Ils s‘étirent, entortillent le temps.
Il n’y a plus d’autre mouvement que les bruits sus depuis la nuit des ans.
Ephémère et fée fille prennent une aile de vent, s’enhardissent; et filent, et batifolent, et caracolent, herbe à herbe; elles s’enroulent, se caressent, rient l’air; elles chantent les transparences; leurs fils arabesquent l‘été vers l‘automne; les verts les bruns, les boutons d’or, qu’elles cirent de soleil.
Leurs soies brillent et enflent; dansent, pirouettent; centrent.
Le silence des bruits sus depuis la nuit des temps joue les fées, les éphémères, sur un air de vent solitaire.
Chut…. j’y dors encore.
Ut le 11/09/2009
Sommeil passé à la moulinette des en
fers tus:
Eau verte et glauque.
Poteau, piquet, arrimé sous l’eau.
Attachée, une corde; un nœud.
Enorme!
Qui glisse sous mes mains, spongieux,
envasé, serré
Depuis l’éternité.
Impossible à défaire
Enfers.
Et loin, loin, un visage; presque pur; presque blanc;
Presque enfant;
Mais qui ricane un peu quand même.
Et mon estomac qui hurle et qui réveille
ce coup de poing, ce sommeil.
Les en fers tus...
Ut le 18/09/2009
Photo géocitiesEh les filles… et puis certains garçons aussi; oui, oui: je vous ai vus tout au fonde la salle, l’air mine de rien, mais à souffrir pire que nous…
Parce qu’à la rentrée il y a toujours un doc’ qui vous assène: ostéoporose, ménopause… andropause….
Ou une copine qui vous assure qu’il faut perdre dix kilos avant Noël… qu’elle connaît une salle très bien; pas chère.
Hier nous étions plus de quarante dans la galeries aux glaces... et
… 8, 7 , 6, 5, 4, 3, 2.…
l’autre côté.
En haut; en bas; et trois petits; et single.
Première série; on recommence…
Tenez, tenez; rentrez le nombril!
Et ça dure… ça dure…
Non, ça ne vous dit rien?
Et par terre: slam slam slam les jambes, comme des bouches qui rigoleraient en mâchant du chewing gum… sauf que ce sont vos cuisses qui hurlent!
Et puis sur le dos; à l’équerre les jambes, cul serré, pour balancer, balancer… désengorger les abdos…
Mettre les muscles sur la graisse des vacances…. Même si t’as marché, ou nagé; que tu crois que ton corps est à l’aise, revigoré, en pleine santé….
On essaie de se raccrocher à la musique qui couvre les gémissements; on se dit qu’il n’y a pas de raison, parce qu’il y a celle d’à côté, la p’tite blonde toute maigre; qui semble tellement à
l’aise!
Pis on pense à la plage… et vraiment, maintenant que la plage est à l‘autre bout du monde, que les shorts et les jupes à sourire les jambes c’est fini, c’est-y le moment d’avoir un physique de
rêve?
Tu soupire; tu lèves les yeux de ta douleur… et c’est là que l’immense mur de glace te saute à la figure…. "T’as vu? t’es pas droite là! Allez, les fesses en arrière, et pousse sur les jambes; tant pis si ça tremble, si ça crampe!
Bois; et tais toi!"
Et le lendemain!? Hein, le lendemain?… Et encore pire, le surlendemain…. Quand chaque geste te rappelle la galère; et que tu te dis… heu, le ménage aujourd’hui… ça va attendre… les courses aussi
d‘ailleurs; et puis pour le boulot, on va prendre la voiture….
Seulement voilà: le surlendemain…
Ca recommence!
Ut le 17/09/2009
Photo psc.eduPoser mon sac; poser mon ventre; Septembre, un jour de crique et de vent:
La mer zozote à peine son bord, sans même un brouillon d’écume; mouvement silence, trembloté, à ridules d’argent.
Sur les cailloux de la plage déserte: un grillon; et un tourne-soleil.
Le grillon harcèle le vent de ses deux notes précipitées, de ses monotones griffes d’air.
Le tourne-soleil s’en donne à cœur joie, et son chant de papier froissé dépêche le vent.
Un chasseur d’eau glisse, noir et feutré, puis disparaît dessous l’eau; au vert de la mer.
Un sous-marin fait le gros dos, déforme le trait pointu du loin.
Sur la falaise, des vagues de pins déplacent le bleu du ciel.
Mon corps s’effiloche… tout ce vent ne retient rien…
Alors, entrer dans l’eau frileuse;
se rejoindre.
Ut le 14/09/2009
Toile de FERNANDO BRONCHAL
: "la traversée"Ce matin il n’y a qu’un mot.
Un mot qui affleure à peine les lèvres, le bout de la langue; et puis qui glisse, expire; sans s’appesantir, en sifflant un peu, pour appeler la suite.
Un mot secret, à ouvrir comme une poupée Russe, pour entendre ce qu’il veut dire, juste là; ce mot faille, plein de contradictions, qui arrête et qui ouvre.
Un mot de poète, de mathématicien, de généticien, de musicien, de typographe…
Césure….
Ut le 13/09/2009
Un grand merci à mon ami Tilk link dont les toiles sont magiciennes, puzzles d'âmes... à grandir....
Photo art-geddaCe fut un jour bleu; un jour sans temps d’aiguilles.
Ca vient rare, et toujours à l’improviste.
Quand ça arrive un jour de boulot, eh bien… tu prends ton téléphone. Obligé. Et puis tu inventes; quitte à passer chez doc, pour la vérité.
Ce jour bleu là fut Samedi, il n’y eut donc pas besoin d’excuses à la vérité.
Ca a commencé au lever, quand j’ai ouvert l’ordi.
Juste l’ordi: pas la boîte mails, pas internet.
L’ordi et mon pauvre cahier trop grand.
J’ai recopié des trucs du cahier dans l’ordi, en changeant l’ordre; et puis les mots; et puis les sens….
Et écrire m’a donné envie de lire.
Alors j’ai lu dans l’ordi, parce qu’il était ouvert, à portée des yeux.
J’ai lu jusqu’à ce soir.
J’ai lu pendant la petite pluie fine et légère, couleur d’argent parce que le soleil n’osait pas trop déranger…
J’ai lu sur le vent, après, qui gonflait les feuilles du cahier trop grand, à côté.
J’ai lu en désordre de souris, de blogs, d’images.
J’ai bu mot à mot.
J’ai bu l’écriture, les pensées; des vécus, des passés présents; des douleurs et des rires; des amours; des comptines.
Je n'ai pas mangé: boire l’encre suffisait à nourrir.
Maintenant il est soir, et il va me falloir allumer l’ampoule jaune par terre.
J’ouvre enfin la boîte mail, et je lis encore. Et puis je réponds; avec les mots bus; mais redéposés autrement, à ma mode; à mon âme.
Ce fut un jour bleu d’encre à boire et à dire…
Et j’ai encore si faim, malgré le trouble aux yeux maintenant... parce que les yeux à l’ordi, c’est pas le meilleur, pour lire. Pour écrire non plus; sauf qu’on peut rayer en effaçant d’un coup: ça va plus vite et c’est plus propre… mais il n’y a plus de traces… plus d’hésitations… plus de bleus.
Le jour bleu pose sa nuit à la fenêtre; la nuit bleue du Sud, même par temps d’argent.
Il me reste cette nuit pour finir l'orgie...
Demain sera jour de temps….
Ut le 12/09/2009
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