Annonce Connivences

Connivences
 
J'ai pensé (parfois je pense) qu'on pourrait aussi écrire anonymement: un faux pseudo; une adresse mail que personne ne connaît ;)
Mercredi 2 septembre 2009

Chez Fickr

Orée de jour.

Rappel d’hier:

Nage gélatine, translucide;

Comme si l’eau s’était épaissie: bleue dessous; verte dessus,
à cause du mélange palette mer-soleil.


Pinceau de gris de nuit.

Sommeil imprécis.


Orée de jour.

Tête floue, douloureuse, même aux penchers doux.

Corps saoul, gourd et lourd.

Mains tremblées, à peine, juste assez pour renverser un peu de café.


Couleurs vapeurs-sueurs.

Fièvre.


La pluie de ce matin va abîmer la toile d’eau d’hier; la trouer par millier.


Ut le 02/09/2009

 

 

Par Ut - Publié dans : La petite porte du dedans - Communauté : Art Libre
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Mardi 1 septembre 2009

Magnifique illustration prise chez: http://www.drame.org

Marie découvrit lAnonyme un matin vers cinq heures, alors quelle ouvrait la porte pour aller chercher du linge qui séchait sur létendoir du palier: les enfants navaient plus rien de sec et propre avec lhiver; avec cette pluie; avec sa maladie surtout.

Alors Marie sétait levée très tôt pour poser sur un radiateur quelques culottes et chaussettes, pour quils soient secs au lever des petits.

En ouvrant la porte elle se trouva, dans le froid figé de noir de la cage descalier, face à une forme grise qui se redressait en tournant lentement sur elle-même.

Marie navait jamais peur; cétait un truc quelle avait décidé une fois pour toutes pendant sa dernière grossesse; sous les poings de son amour.

Elle vit un fichu à franges, puis une serpillère qui dégoulinait sur des espèces de chaussons de feutrine. Son regard remonta de la serpillère jusquen haut de chiffons accumulés, jusquà ce quil se cogne à deux épines noires et brillantes sous le fichu, fichées dans des orbites couleur de terre.

Il ny avait aucun bruit, aucune lumière, aucune odeur; juste cette faille comme un malheur à portée de bras .

Pour agir sans crier, pour pousser le cauchemar en dehors delle, Marie appuya dinstinct sur la minuterie: ces yeux étaient un vide qui la transperçait.

Ce fut exactement à ce moment là que lanonyme se retourna et descendit les marches à une vitesse incroyable elle boitait et pourtant on aurait dit quelle glissait dune marche sur lautre, sans un son, sans même un déplacement dair. Seules ses jupes flottaient un peu à chaque frôlement avec le sol.

Marie entendit la porte du bas claquer. ..et puis plus rien quune frayeur en désordre dans sa tête. 

Elle en avait oublié les culottes et les chaussettes; elle en avait oublié quelle ne craignait rien ni personne.

Elle rentra dans lappartement, tremblante; verrouilla la porte à deux tours de clé; et se fit un très grand bol de café pour calmer tout ça.

Marie savait bien quelle venait de rencontrer la femme de ménage de limmeuble; et elle se disait Pauvre Femme.

Mais pourquoi en avait elle frissonné longtemps, seule devant son bol blanc, dans la pénombre des lumières indirectes de la pièce?

Ut le 01/09/2009

Par Ut - Publié dans : Nine - Communauté : LECONS DE VIE
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Lundi 31 août 2009



J’ai su une petite femme de pierre

Une petite flamme d’argent.


L’avait les yeux clairs,

Son enfance en bandoulière

Derrière.


L’avait marché si longtemps

L’avait scintillé si souvent.


Assis tant de corps

Illuminé tant d’efforts.

Bêché les âmes de l’aube au soir

Brûlé les larmes du couchant à tous les noirs.


J’ai su une femme d’accouchements

Enfants de son firmament d’argent

Jusqu’à la pierre de leurs morts.


Maman.


Ut le 31/08/2009

Par Ut - Publié dans : Femmes - Communauté : Parlons d'amour
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Dimanche 30 août 2009

Photo Dinosiria

Sur la plage les gens sont occupés à eux-mêmes:

Il y a ceux qui gonflent: les ballons translucides, les brassières des petits.

Il y a ceux qui s’habillent, se déshabillent, en faisant semblant d‘être invisibles.

Il y a ceux qui dorment ou bouquinent, à plat sur le sable, vides autour.

Il y a ceux qui regardent je ne sais quoi sur leur peau, dans leur maillot; qui époussettent un peu de sable.

Il y a moi qui me coiffe. Le temps que je passe avec mes cheveux… c’est pas croyable!

Sur la plage chacun s’occupe de son petit bout de serviette à bonheur. Sans pudeur. A rien faire.

Mais si tu regardes vraiment...
On dirait que le vent est par-dessus tout ça; comme un étranger qui se mêlerait de ce qui ne le regarderait pas:

Le vent défait, envole, sable....

Même là-bas, loin dans l’eau qu’il dispute, sans parvenir à la mettre en colère...
Hier...
Hiver...

Ut le 30/08/2009

Par Ut
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Samedi 29 août 2009

Il y a plein de voix que maltraite le vent. Ca fait des puzzles de sons; des hachures.

Elle n’entend pas bien. Mais mieux que dans la vie, quand même; c’est sans doute parce qu’il fait nuit.

L’anonyme est assise, comme un petit paquet qu’on n’aurait pas ouvert, sur la dernière marche du rude escalier de bois; au pied de son matelas par terre.

Le petit chien à taches blanches, taches noires dissoutes dans la nuit, l’avait entendue craquer.

Elle ronflait, puis elle s’était mise à craquer, comme souvent, d’un coup, dans le ventre de la nuit.

D’un coup de mauvais rêve, sans doute. De ceux qui réveillent les douleurs du dos, des hanches, des genoux, des mains, des passés.

Au raz des poutres de bois vieux, il l’avait vue ramper, et puis se recroqueviller, là, devant le vide.

Elle fait une tache sombre et regarde la fenêtre à peine plus foncée que la nuit, en bas.

Il y a une fente de soleil, ruisselante sur l’éternité de l’eau, brisée par les milliers de franges des vagues. Ces vagues qui la bousculent, la troussent, la poussent, la prennent et la rendent; la nagent; mouillé doux. Ventre souple et lisse de houle remuante; ronde.

Et le torrent d’or craquelé se cache sous l’eau quand la mer noye ses yeux.

Le petit chien regarde l’Anonyme sourire; enfin, il sait que c’est un sourire ce fil frémissant, tiré sur les trous des dents.

Alors, même s’il sait que ça ne se voit pas, il remue son moignon de queue, oreilles dressées sur gueule penchée.

Il sait qu’il ne sait pas. Mais pourquoi savoir?

L’Anonyme a récupéré Cali la blanche, tout au fond du souvenir. Ce souvenir étrange, ce jour où elle était enfin devenue fille……..

Ut le 29/08/2009

Par Ut - Publié dans : Nine - Communauté : le texte voyageur
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Vendredi 28 août 2009

Eric et Katy auraient dit qu'il y avait une habitation de mystère sur la place tranquille où les vieux du centre à malades prenaient le soleil et quelques écumes de vent de mer le Dimanche matin.
I
l suffisait aux deux enfants de lever les yeux puis la tête, et tout de suite limaginaire était accroché aux trois petites fenêtres à minuscules carreaux sous le toit de limmeuble numéro trois; des fenêtres qui semblaient comme éclairées delles mêmes: en plein midi-soleil elles suintaient des vagues dor à brûler le regard; au coucher des enfants elles pétillaient dorangers, comme surlignées sur la nuit.

Eric avait dit à Katy que personne ne savait le nom des habitants du numéro trois; et pourtant tout le monde se connaissait sur la place aux oliviers. Il disait que même les maîtres du quartier, les patrons des deux bars et celui du restaurant, haussaient les épaules quand on leur demandait qui logeait là; un peu comme sils naimaient pas être pris en défaut du savoir de territoire. En tout cas cétait ce que lui avait rapporté Mario, lenfant du bar jaune, un gamin qui restait perpétuellement autour de la fontaine. Il avait dit que son père laissait se lasser les conversations des habitués quand elles hantaient le sujet.

Et puis surtout il y avait le petit chien noir et blanc...
Il sortait de limmeuble N°3 plusieurs fois par jour, à loccasion de louverture de la grosse porte de bois vert vieux; il tournait sous les oliviers, reniflait, faisait ses besoins, et rentrait dès que quelquun poussait de nouveau la porte de limmeuble.

Eric et Katy navaient jamais vu ce chien tricoter ses petites pattes ailleurs que sur la place.
C’était un chien avec une grosse tête et des oreilles de lapin toujours mobiles, et des babines noires ciselées comme sil riait tout le temps. Le blanc de son pelage était plus vrai que la neige quon voit à la télé, et ses taches noires plus cirées que du velours neuf. Il navait pas de queue à dire les humeurs, alors on ne savait même pas sil était content; si il éprouvait quelque chose ou rien.

Il ne se laissait approcher par personne, et faisait un large écart dès quon allait vers lui; et ça sans jamais aboyer, sans jamais gronder. Et même les petits gamins noirs qui se giclaient leau de la fontaine navaient pas une fois osé courir après lui ou lui jeter des cailloux, comme ils le faisaient aux chats sauvages ou aux pigeons malades.

Eric disait à Katy que cétait un chien muet dedans comme dehors...

Pour de vrai, il pensait que cétait un chien de lumière et de silence, tout comme les petites fenêtres là haut dont les enfants étaient persuadés quelles labritaient.


Ut le 28/08/2009

Par Ut - Publié dans : Nine - Communauté : scénario roman net art/web art
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Jeudi 27 août 2009


Avec la participation de SO FLOU

Femme comme volupté…

    Celle qui bat au profond de l'oeil, comme un sourire en coin.

Celle qui parle, fort et vite et mouillé, sur la pulpe de la lèvre maquillée, entre ouverte.

     Celle qui rit à dents perlées, cou levé, regard clos; respiration.


    Elle
pose; sage, mains croisées sur l’intime, pour écouter, tête penchée;
       crinière indomptée qui refuse l’arithmétique du peigne.


   Elle avance une chaussure si fine, si aérée, que le pied s’y déshabille,
s‘y pose à peine; et glisse quand elle marche, fier de son impudeur.


Elle picote avec les doigts son repas,

     En bavardant; souffle parfumé. Chant.


Elle cliquette à peine ses bijoux, avec tous ses gestes:

      Arrondi du bras, fourreau d’air qui s’interrompt, suit la main, les doigts; qu’elle grignote; doigts nacrés, ronds et pressés.


      Et tous ces petits bruits d’elle, comme le message qui toc le portable, qu’elle porte toujours avec elle.


     Et toutes ses odeurs où on rentre.


Et ne pas être jolie, mais rester belle; même au bord de l’âge.


  Elle,

Volupté innée…. Luxuriance…



...Et je n’en reviens pas qu’elle dise «les gens que j’aime», en parlant de moi,     
brune et sévère; fermée.



        ...Et elle se défait


Sur un coup de fil.


Ut le 25/08/2009

Par Ut - Publié dans : Femmes - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Mercredi 26 août 2009


Pas de rhubarbe au marché: j’ai regardé devant derrière, parce que parfois les choses désirées se cachent; j’ai failli la confondre avec des céleris en branches (heureusement il y avait une ardoise, pour le nom et le prix)…
Non, pas de rhubarbe au marché ce matin.


Mais j’ai lu de jolis refrains, comme les cébettes, les potirons.

J’ai entrevu quelques éclairs, comme ces piments verts, rouges; petits firmaments brûlants.

J’ai reçu le gitan violoniste, de l’autre côté du soleil, aussi tanné que son instrument, qui arpègeait pour une vieille femme lourdement penchée sur son aumône.

J’ai entendu une maraîchère en tablier vert, qui disait que le porte monnaie des derniers touristes était raide et grincheux.

J’ai respiré des fleurs très fières; et très chères.

J’ai frôlé des tables en terrasse, sans Ramadan, couvertes de mains et de dés et de paroles.

J’ai reçu un sourire d’enfant bouclé; bouclé dans sa poussette, cerné de jambes.

J’ai senti l’air du vent, rouler sous les auvents de tous les temps; accompagner la foule odorante, à peine bruyante.


J’ai croisé mon enfant doré.


Et comme je n’avais rien pour t’écrire tout ça, je suis allée dans le grand magasin, rayon fournitures de rentrées, payer un crayon et un cahier.

Et je suis restée debout sur le pavé  d'été, mes paquets à mes pieds, le cahier trop grand, le crayon trop fin. 
A tenter de te dire.


Ut le 25/08/2009

Par Ut - Publié dans : Au fil des yeux - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mardi 25 août 2009

Chien, comme un écheveau de poils noirs et blancs, dévalait les cinq étages au raz des marches. Comme toujours, il était accompagné de lespèce de cliquetis, comme un bruit daiguilles à tricoter qui iraient à toute vitesse: le bavardage de ses griffes sur les tomettes.
Il s’arrêta net devant la lourde double porte de bois: elle était fermée! Pourtant Chien était descendu parce que son oreille droite avait entendu le noir Monsieur balafré du troisième double verrouiller sa porte, et glisser sans presque un bruit sur les marches; aussi parce que sa truffe avait senti la rauque odeur de fumée que cet humain traînait toujours avec lui, et qui nen finissait pas de se méandrer longtemps dans tout limmeuble.

Chien approcha sa gueule en un mouvement de va et vient, suivant la règle chuintante du vent qui s'engroufrait par linterstice du bas des deux battants clos sur limmeuble numéro trois. Le vent flairait bon une vieille odeur de poisson; sans doute les victuailles à jeter que le restaurant dà côté venait dentreposer. Contre le battant droit ça sentait lhomme noir; Chien navait pas été assez rapide, ou lhomme avait fait plus vite que dhabitude: il venait de laisser la porte se claquer derrière lui.

Chien se tourna sur lui-même: il avait une fichue envie de faire pipi, et dans l'entrée de l'immeuble, c'était impossible!

Finalement il s'assit sur son cul blanc d'où dépassait un mognon de queue à bout noir; il leva sa gueule noire et applatie; il orienta ses grandes oreilles, noires à la base, blanche en haut, là où c'était fin et rond comme un pavillon translucide; bien droit; attentif; face à la porte.
Chien n'avait aucune notion du temps; il ne savait pas depuis quand il attendait. Simplement il avait mal au bas du ventre, comme si le liquide chaud qui sert à marquer le territoire allait exploser dans son petit corps tendu de muscles.

Il grognait tout doucement; faisait de temps en temps un tour complet sur lui-même; reprenait son attente.

Quand enfin la porte de bois vert s'ouvrit lentement, il fila par la fente d'air, sans même regarder qui entrait.

A l'odeur, c'était la maigre asiatique... il avait bien fait d'aller vite: quelques fois elle lui envoyait un sale coup de pied quand il se faufilait entre ses jambes: ces deux piquets gainés d'un épais tissu gris reniflant une méchante vieillesse de crasse froncée.

Dehors c'était vide de soleil glacé par le vent.

Chien avait épaissi son poil depuis quelques temps, depuis qu'il

faisait si froid, mais ça ne suffisait pas aujourdhui... il frissonna poil à poil, puis courut jusquau plus proche olivier, et pissa longtemps; longtemps.

Ut le 25/08/200
9

 

 

Par Ut - Publié dans : Nine - Communauté : Les chroniques de la meute
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Lundi 24 août 2009



Flash. Pose. Flash flash. Pose.

Cartons. Soies. Nus.

Filles maigres qui viennent, qui s’en vont; regards exsangues.

Cris. Ordres. Jurons. Exclamations.


Le Beau artificiel; sous des lumières d’or faux.

Foule bruissante, applaudissante. Critiques.
Femmes, femmes, femmes; même les hommes.

Musique. Musique. Trop fort!


Fatigue. Usure. Brûlure.

Solitude.

Sniff.

Terreurs. Rires automates. Echos des talons qui claquent. Claquent. Flashs flashs.

Images. Couvertures. Unes. Papier glace.


Faims. Aéroports.

Soifs. Alcools. Encore.

Taire la parole.


Mal les dents.

Mal le ventre. Qui ne saigne plus jamais.

Mal les jambes. Mal le dos.

Froids.


Sommeils hallucinogènes.

 


Il fait nuit. Dehors les vies se sont recouvertes de silence.

L’Anonyme s’est assise, sans un frôlement d’air, sur le coin gauche du vieux canapé encore un peu vert.

Elle n’a pas La télé. Ni Les informations. Ni plus aucun de ces mots en ions, qui s’entreclaquent, pour empêcher la pensée, dépenser le temps.


On dirait bien qu’un petit chien noir et blanc ronronne, truffe humide posée sur une vieille main.


Ut le 24/08/2009
 

Par Ut - Publié dans : Nine - Communauté : Mots à maux
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Profil

  • : Ut
  • utdo
  • : Femme
  • : 31/01/1952
  • : Soleil Eau salée
  • : Femme Amoureuse Solitaire Intime Mère
  • : Elle est comme la note, volatile et grave. Elle écrit comme elle peint: pour oublier de se souvenir, et donner en partage; participer à l'ouvrage. onner l'encre de sa symphonie à une note.

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