Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 08:54



                                                                 Oeuvre de Fernando Bronchal



Eric rentrait de l’école, ses cheveux bouclés en vrac autour d‘un visage maculé de réflexions et de jeux, son cartable sans formes claqué sur le dos, une main serrant une main de Katy, si petite, si fine, si pâle à côté de son frère.

Eric vit France avant Katy, et il s’arrêta net.

Une inconnue ; quelquun quon navait jamais vu ici et qui ne ressemblait en rien à une touriste, ouvrait la porte du numéro trois avec une vraie clé, et disparaissait dans la bouche noire de lentrée ; comme si cétait normal, comme si ça avait toujours existé.

Involontairement ; instinctivement, les deux enfants cherchèrent des yeux le petit chien noir et blanc… Il nétait pas sur la place.

Dès qu’ils furent à la maison, ils s’installèrent, avec le goûter que maman avait préparé, devant l’une des fenêtres ; à épier la place.

Le monde habituel vaquait, seul ou en bavardant ; accompagné de sac, de mallettes, d’enfants ; de chiens. Il n’y eut rien d’anormal, rien qui ne rappelât pas le passage d’un jour ordinaire sur un autre jour ordinaire.


Marie était maintenant rentrée ; Erik et katy étaient encore assis par terre devant la télé de l‘attente. Marie savait que la télé effaçait aux enfants le bruit de son absence, et que la vie vraiment, ne pouvait reprendre le temps qu’après le retour de maman à la maison.

Elle voulut fermer les volets : le vent charriait maintenant tellement de froid, qu’elle avait envie de calfeutrer sur elle et ses petits l’intime de la nuit presque close.

Ce fut en penchant le buste dehors, pour aller chercher loin sur le mur le mini volet pliant-dépliant, que Marie vit une femme brune et vive sortir du numéro trois avec un petit chien noir et blanc à son côté.

Marie avait déjà vu ce chien sans vraiment le voir ; comme on fait pour tout ce qui nappartient pas à sa propre existence, mais qui existe tous les jours.

 

Et pourquoi donc cette femme, là, cette femme au chien…

Ce fut comme un coup de poing à lâme?

Comme un revers de vie?

Comme si elle la connaissait depuis si longtemps?

...Et que le temps de Marie était arrêté, elle une main sur chaque volet?



Et des paquets d’air glacé tombaient en vrac dans la pièce.

Katy dit J’ai froid.

Marie secoua la tête, ferma les yeux, reprit ses gestes dans un sursaut… enferma sa demeure sur leur vie à tous les trois...


Avec le sentiment de laisser quelque chose à elle sur la petite place où déambulaient un chien et une fine femme brune…

Femme souvenirde Rien.

Ut le 24/11/2009




Par Ut - Publié dans : Nine - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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