La petite porte du dedans

Dimanche 18 octobre 2009

Oeuvre Molinéris: détail.

Dire que ça ne tient qu’à ça quelques fois, une vie…: un fil d’encre ou de peinture….

Un bonbon.


Et qu’il va falloir que tu fasses très attention: c’est fragile les papilles!


Mode d’emploi:

Piocher délicatement, du bout du cœur, le bonbon du torrent de couleurs, et le détacher tout doucement du fil de l’encre qui les relient ensemble.

Défaire délicatement le voile de papier qui couvre le bonbon; et surtout ouvrir l’oreille au bord des plis de sa musique.

Entre ouvrir à peine la bouche, et poser le bonbon sur la langue; l’enserrer au palais.

Fermer les yeux.

Rouvrir les yeux sur la toile et l’encre, laisser te fondre l’art et le bonbon.

(Attention: chaque couleur a son goût; chaque mot sa saveur: il y en a qui ne sont pas à mélanger …. C’est terrible comme ça vient vite et sournois la boue!)


Petit à petit, au centre de tes yeux, de ton ventre, un fil d’argent va s’éclairer, se dérouler…. Pianoter même….

Tu n’as plus qu’à sourire: cette fois tu as récupéré le bonbon de vie!


Ut le 18/10/2009

Par Ut
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Jeudi 15 octobre 2009
Un petit clin d'oeil à Monsieur Triste link, parce qu'il y a tellement de silences...


Il est grand, fin, blond.

C’est un humain:

Il en a l’allure, les yeux, le sourire, le rire.

Un peu trop loin dans son fauteuil.


Elle est petite sèche et brune

Toute en angles dans le fauteuil

Le grand fauteuil pas assez loin.


Elle n’a presque pas forme humaine

Avec cette bouche close sur le trou de ses mots

A taire le silence.
Les mots.


Ils sont là tous les deux dans la pièce close

Tous les deux pour ses mots.


Elle qui ne sait pas dire.

Lui qui attend provoque et souvent la choque.

De telle sorte que ça lui poignarde le ventre.

De telle sorte que les larmes n’ont plus d’eau

Juste la ride sèche du ru que raconte son visage.


De telle sorte que sa bouche à elle

Enfin tord les mots tus

Ou bannis ou si crus.

Les vrais mots pour dire les vraies choses de dedans

Ou les autres d’elle qu’elle cache dedans.


Et disloquer enfin le silence de tant d’années de souffrances.


Ut le 14/10/2009

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Vendredi 18 septembre 2009

Sommeil passé à la moulinette des en fers tus:


Eau verte et glauque.

Poteau, piquet, arrimé sous l’eau.

Attachée, une corde; un nœud.

Enorme!
Qui glisse sous mes mains, spongieux,

envasé, serré

Depuis l’éternité.


Impossible à défaire

Enfers.


Et loin, loin, un visage; presque pur; presque blanc;

Presque enfant;

Mais qui ricane un peu quand même.


Et mon estomac qui hurle et qui réveille
ce coup de poing, ce sommeil.
Les en fers tus...


Ut le 18/09/2009

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Mercredi 2 septembre 2009

Chez Fickr

Orée de jour.

Rappel d’hier:

Nage gélatine, translucide;

Comme si l’eau s’était épaissie: bleue dessous; verte dessus,
à cause du mélange palette mer-soleil.


Pinceau de gris de nuit.

Sommeil imprécis.


Orée de jour.

Tête floue, douloureuse, même aux penchers doux.

Corps saoul, gourd et lourd.

Mains tremblées, à peine, juste assez pour renverser un peu de café.


Couleurs vapeurs-sueurs.

Fièvre.


La pluie de ce matin va abîmer la toile d’eau d’hier; la trouer par millier.


Ut le 02/09/2009

 

 

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Samedi 8 août 2009


Silence.

Blanc - cotonneux - mouillé.


D’abord l’eau avait mis sa robe gris-vert; sa robe de vaguelettes nerveuses.

Puis les cigales ont clos leurs ailes, dedans l’air immobile.

Et doucement les échos des bruits de la plage ont baissé le ton.
Le nuage d’eau mangeait l’été lascif et criard.


L’horizon du ciel délavait sa lavande, absorbait l’eau et le temps; blanc ourlet de silence.


Vapeur d’eau serrée; gouttelettes en frissons sur la peau; brouillard déposé.


Je nage dans le ciel et l’eau aveugles; je nage en aveugle dans l’humide du silence; Unique; dans la maternité de soie blanche.


Permission de jouissance; pulpeuse et inquiète. Mouillée.


Ut le 08/08/2009

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Samedi 8 août 2009


Silence immobile.

Dans la grisaille d’une nuit plate et dure, une nuit qui tourne autour d’elle-même comme un disque rayé, sans même une odeur, sans même un repère, je dors; au bord de rien.


Je ne sais pas pourquoi, ma fille, enfermée de longs vêtements noirs, me regarde; et me juge, sans un mot.

Je ne sais pas pourquoi, le souffle de ma mère étouffe l’écho de toutes mes souffrances, dans la prison de tous les non-dits; de son ventre aveugle.

Je ne sais pas pourquoi, doc debout ne peut pas me voir; un épais tissu noir le recouvre de la tête jusqu’aux jambes.


Doc sans rien dire.

La parole s’est éteinte.


Doc s’est barré en vacances.


Mon corps a froid.
Il réclame la bataille, le corps à corps muet et inutile qui fait lever la fatigue et taire l’âme; et les larmes.

Ces larmes sans raison, qui réveillent toutes mes nuits.


L’éveil stagne; en absence.

Je n’ai aucun moyen de le couper avec la lame de ma voix; aucun moyen de crier que j’existe.

Dans le silence immobile.


Ut le 07/08/2009

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Dimanche 3 mai 2009

Oyez! Oyez!                                           
La reine s’est levée!

Et les larmes ont coulé…

Quoi?! Plus aucun valet à ses côtés

Pour déchirer sa nuit

Pour draper un jour d’or

Sur le temps de sa Majesté…

Pour souffler doucement,

Révérencieusement,

Tendrement

Toutes les larmes de l’éternelle Peur

De n’être qu’un roulement d’âme

Dérivant à l’infini de toutes les terreurs.

Ut le 03/05/2009

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Jeudi 23 avril 2009

Si dieu existait; tu sais, celui à qui on met une majuscule; celui qui fait courber les têtes sous le poids de nos humaines limites; celui qui nous sauveraient tous de la mort…. parce que la mort serait une rédemption…..

Une rédemption de quoi? Des perversités sans fin de Sa Majesté?


Si nous avions été « créés » à son image …

Alors il serait un monstre d’égoïsme; un poignard infini recouvert de mal; une tempête perpétuelle sur l’univers, un ricanement monstrueux qui s’amuserait à ravager et à détruire.

Parce qu’il nous aurait fait si complexes mais si faibles.

Parce qu’il refuse de nous donner les clés d’amours.

Parce qu’il nous aide à détruire la compassion, l’aspiration au bonheur,

Parce qu’il nous trompe et nous leurre en n’éclairant que les mauvaises réponses, en étouffant la bonté des hommes.

…Parce que la vie n’est qu’un temps à larmes et à ténèbres, aiguisé par la perception infime de ce que l’heureux pourrait-être: une feuille d’or brun d’automne; la chrysalide de neige l‘hiver; le chant sauvage d’un soleil qui saigne au soir sur l’eau en feu; l’abandon bienheureux d’un instant……..

Parce qu’il enfouit toutes les créations humaines sous la bâche trop lourde et inamovible de ses propres horreurs.


Tous les soirs je priais Dieu, et le remerciais de ce jour, et l’implorais d’aider tous les êtres en souffrance; en souffrance par notre faute!

Mais pourquoi l’homme serait-il coupable de ses limites, si celles-ci sont crées par une toute puissance inaccessible et qui nous défend l‘accès à l'infiniment bon?


Trop de souffrance écarquille enfin les yeux et l’âme.

Trop de souffrance appelle enfin le bonheur avec une telle force, une telle volonté, un tel pouvoir…. que celui qu’on prêtait à dieu se gomme enfin! Et nous laisse libres de choisir et de vivre… Enfin!


En toute conscience de nos dualités: la perception exacte de nos pouvoirs et de nos failles; armés, enfin, de notre propre rédemption. Ici et maintenant…pas dans le conte de fées bien trop pratique d’un paradis d‘après mort…. D’après vie!….

Ut le 23/04/2009

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Lundi 20 avril 2009

Et ne serions nous pas toutes voilées?

Et ne serions-nous pas tant révoltées du seul fait que certaines femmes -sous couvert de religion: il faut bien un prétexte à chaque acte humain- nous l’exhibent, ce voile?


Est-ce que cela pose un problème aux hommes? Je veux dire, esthétiquement, bien sûr!


Pourquoi tant de passion autour d’un sujet apparemment anodin: un foulard sur les cheveux d’une fille….?


Quand j’étais petite ma mère me mettait un chapeau ou un foulard sur la tête pour aller à la sacro-sainte messe du Dimanche matin; ce trajet hebdomadaire de la cellule familiale qui casse les soucis et les intempéries du monde, pour un repli chanté, tous unis vers rien -la religion- contre l'inconnu, dehors.


Une occidentale, même à 11 ans, se croit prisonnière de ce qui enserre le siège de la pensée.

Une orientale protège ses pensées et son intime.

Deux antagonismes.

Mais toutes les femmes du monde ont une pudeur infinie à protéger. L’occidentale ne veut pas en entendre parler; l’orientale le crie haut et fort sous le silence du voile.


J’ai souvent pensé à ma mère ces derniers temps…. Et malgré tout l’amour et toute la haine que je lui voue; et malgré la distance en kilomètres; et malgré mes maternités… Est-ce que je ne suis pas restée accrochée à elle comme un bébé au sein?

Mère référence, symbole d’amour et de nourriture… de vie!


Et nous, femmes « modernes » trop vite grandies dans un monde de mecs, faut qu’on coupe le cordon ombilical très vite; pour l’insertion sociale, l‘indépendance…

N’est ce pas ce qu’on nous dit? Ou ce dont on tente de nous convaincre?

Le foulard des filles qui vont au lycée ou à la fac n’est-il pas l’inverse de tout cela: « J’ai un foulard = je suis attaché, liée, emmêlée à tout jamais à ma famille… à ma mère; et je porte bien haut les couleurs filiales; et je vous emmerde, vous les sans attaches, les sans valeurs, les sans papiers de l‘âme! »


Sauf que l’âme existe, même sous des tonnes de cheveux au vent.

Alors... les femmes ne portent-elles pas un voile invisible qui replie l’adulte en foetus quand l’incompris pleure sur un lit?

Ne serions nous pas toutes frustrées, à en crier de honte contre toutes celles qui portent haut ce symbole de la flamme familiale à l’odeur de lait maternel; dans une société qui enfouit ses vieux loin derrière la réussite sociale ou intellectuelle?

Honte du vide?


C’est quoi une famille, sinon une tente à protéger des grandes bourrasques de la vie, des pluies de la solitude, de la terreur de la mort?
De l’immense colère de la naissance???


Notre société nous veut fortes et libres…. Et le voile? Le voile sur l’intime d’une fille avec sa mère? Cocon qu’il faudrait surtout oublier soit disant pour sur-vivre, il est où donc, sinon sur les cheveux cachés, protégés, tus, de nos sœurs abhorrées?


Jalousie d’une société envers une autre, d’une solitude effroyable envers le nid qui aide à grandir…?


Ne serions nous pas toutes voilées?

Ut le 20/04/2009


Mes amours, hier j'ai lu tous vos commentaires...........

Par Ut
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Dimanche 1 mars 2009


Dedans il y a une petite porte. On ne sait pas vraiment qu’elle existe; et à vrai dire, on ne s’en soucie pas : le temps des humains n’a pas le temps…

Mais si on l’ouvre par hasard, ou si elle s’ouvre au détour d’une larme; d’abord on est abasourdi; après on cherche à savoir plus et mieux; alors on n’y comprend plus rien….

La petite porte crache la fournaise de tout ce qu’on n’a pas compris; de tout ce qu’on a fait, ou pas, sans savoir.

Le généraliste du corps dit: « vous êtes en dépression. Il faut prendre des médicaments ».

Le spécialiste du dedans dit: « Il faut faire un travail sur vous-même pour trouver d’où vient tout ce brasier ».

-Une dépression c’est un creux, une cassure, une faille. C’est profond et dangereux, parce qu’il n’y a pas de chemin pour aller voir… Sans doute pour ça les médicaments; comme un fil de survie pour ne pas risquer de tomber définitivement là où il n’y a pas de sens pour la raison.

-Un brasier c’est pour effacer les traces; brouiller l’entendement; enfin, tout ce qu’on ne veut pas entendre. Alors pourquoi aller fouiller dedans, risquer les brûlures qu’il faudra tant bien que mal recoudre avec du fil à pas se souvenir?

Il faudrait avoir dedans, prêt à agir, un feu gardien de soi, pour combattre le brasier avec les flammes de la volonté et de la rage de vivre. Cautériser avant que l’âme tombe malade….

Et reprendre l’équilibre sur la corde à nœuds de l’existence….


…. Discussion ouverte, si d’aventure votre petite porte à vous…


Ut le 01/03/2009

Par Ut
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  • : Ut
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  • : 31/01/1952
  • : Soleil Eau salée
  • : Femme Amoureuse Solitaire Intime Mère
  • : Elle est comme la note, volatile et grave. Elle écrit comme elle peint: pour oublier de se souvenir, et donner en partage; participer à l'ouvrage. onner l'encre de sa symphonie à une note.

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